D.ieu UN

A maintes reprises j’ai eu l’opportunité d’échanger sur l’Unité, la non dualité, le judaïsme universelle…le D.ieu Un…/ je voudrais aujourd’hui partager  les quelques mots que j’ai entendu du profond de mon être, avec l’humanité qui est en chacun de nous.

D.ieu UN cache sa face pour que nous le cherchions. Les croyants attendent qu’Il vienne les libérer alors que Lui attend que l’homme Le libère. D.ieu est en quête de l’homme, nous dit Abraham Eschel. D.ieu attend que l’homme Le libère des images qu’il a construites pour se l’approprier. L’innommable est nommé, l’incommensurable est limité dans la mesure de sa propre vision, l’intemporel est investi dans l’histoire de sa propre temporalité. L’Un qui crée l’homme à son image est fait dieu à l’image de l’homme. L’être suprême, le « JE SUIS » du décalogue, Celui qui nous libère de l’esclavage de l’idolâtrie se voit investir en idole par l’homme. L’Etre qui fait être est nommé dieu. Dire dieu c’est placer l’UN dans l’Olympe des dieux. La religion ghetto prend naissance dans cet Olympe où chacun cherche à protéger son « idéologie » face aux menaces d’ouverture qui risqueraient de briser son idole. L’homme en quête de D.ieu peut ne plus croire en ce dieu à l’image de l’homme, le mot dieu sera même banni, et avec, toute idée de divinité…

… C’est à nous de réhabiliter, le Nom, en redécouvrant l’enseignement de la tradition première dépouillée des radicalisations intégristes.

Nous avons encore en souvenir ces images de  Roch Hachana, 2001 où les tours de la puissance mondiale tombèrent.  En ce temps de Roch Hachana, le nouvel an hébraïque, où se mélangent les vœux de bonheur et de prospérité mais aussi les souvenirs de la souffrance et des épreuves, en ce temps où nous devons faire de D.ieu notre Roi, c’est-à-dire le dirigeant du monde , l’autre, le croyant en son dieu de l’impérialisme religieux frappe. L’intégrisme frappe encore contre toutes les tentatives d’humanité car il se veut seul avec son dieu.

Pendant que je rêvais à l’Unité des traditions dans l’appréciation de nos différences, j’entends le cri de la douleur des uns et des autres à l’unisson, victimes d’une même illusion…L’illusion d’un absolu exclusif qui condamne tout autre. Illusion où l’homme esclave de la radicalisation de la vérité est prêt à sacrifier sa vie dans un combat sanguinaire, pour une guerre dite sainte, avec comme promesse le meilleur des paradis… Combien de temps encore pour sortir de ces identités meurtrières ?

Nous avons aussi en souvenir les tsunamis des années précédentes noyant sans distinction ceux qui se trouvent par « hasard » devant la vague déferlante. Nous avons aussi et encore pour nombre d’années, en souvenir le plus infâme des temps du chaos humain, la Shoa.

Comme pour toutes les catastrophes, comme pour nos propres épreuves, la question se pose à nouveau : où est le D.ieu de justice et de bonté ?

Voilà qui oblige le rêveur à révision

Je pourrais prendre en exemple n’importe quel drame pour crier la même plainte, mais l’histoire passe et nous ramène à une autre catastrophe, un autre cataclysme. Il n’empêche que les images des tours de Manhattan sont encore fraîches pour beaucoup d’entre nous. Le 11 septembre 2001, les tours de la puissance mondiale tombèrent, entraînant des milliers d’innocents sous la masse de béton.

Face à la douleur ou à l’infâme réalité, certains rangent D.ieu au placard de l’utopie et s’installent dans ce sentiment si cher à la croyance moderne d’un « autre dieu » maître du monde : Le HASARD.

Ce ne peut-être que lui, le dieu hasard, qui dans le chaos ferait vivre ou mourir. C’est lui qui donnerait sans distinction de valeur ou de mérite, la joie ou la souffrance !  Et les événements du monde semblent bien aller dans ce sens. Comment peut on continuer à croire devant la folie de l’insensé ? D.ieu est mort dit le philosophe… Pourquoi mêler l’ineffable aux affaires du monde dit l’agnostique… Ceci est l’affaire des hommes…

Et pourtant, de par le monde, des êtres continuent à prier l’invisible, continuent à croire à la présence immanente de la transcendance divine …

Dans l’intériorité de ce placard de l’utopie, ils découvrent le D.ieu vivant, le D.ieu Un. Le D.ieu de l’infinitude présent dans le cœur de l’humanité… Comment est-ce possible, la folie meurtrière du monde n’est-elle pas la preuve tangible que ce D.ieu ne peut être artisan de l’histoire humaine ?

Voilà que même si la raison est confuse, derrière le voile des apparences de l’absurde, un savoir inconscient d’une vérité cachée sait, par une perception de l’âme, que le monde a un sens. Et s’il a un sens c’est que derrière le réel visible des souffrances du monde, se dessine la conduite de l’invisible transcendance d’une vérité de bonté éternelle.

La vision est insupportable, des hommes savent  qu’ils vivent leurs dernières minutes, et ils les utilisent pour envoyer un message d’amour « ne t’en fais pas… Je t’aime… » Et les survivants sous l’hécatombe s’embrassent…

Au plus haut de la terreur reste l’amour, au plus haut du savoir est le non-savoir, au plus haut de la connaissance est la sagesse, au plus haut de la lumière est la « Lumière simple ». Face à cette souffrance ultime, le monde a pleuré, et plutôt que de rejeter le D.ieu de l’impossible croyance, le monde a prié et continue de prier.

La raison reste confuse, car cela ne se pense pas, cela est et n’est pas. Ce qui pense en nous, ce qui cherche par le savoir à comprendre nous ferme à la connaissance du non-savoir, connaissance de l’ultime, connaissance de l’Un.

Ceux qui cherchent par la raison doutent, car dans l’équation de la causalité, il y a faute chez l’invisible.

Il n’y a pas de réponse « raisonnable » au pourquoi de la douleur, mais ne pas comprendre, c’est déjà comprendre et accepter que parfois on ne puisse pas comprendre, tout en sachant que cela est… Plus grande est la confusion, plus grande est la perplexité, et plus grand sera le lâcher prise du moi pensant.

La réflexion sur l’épreuve vient du principe de dualité « bon-mal », donné par le sentiment de linéarité du temps, voire du phénomène temporaire lui même. Tant que je cherche à comprendre, je me place sur la rive du temps, car la pensée fonctionne dans l’espace-temps… De l’autre coté de la rive l’observateur voit le phénomène de l’usure, de la vieillesse, de la maladie, mais lui, du coté de l’intemporel l’observateur ne vieilli pas.   Difficile de se placer au-delà du temps sur cette rive de l’intemporel.

Après le temps de l’épreuve, vient le temps de la récompense disent les sages de la tradition hébraïque.

Nous avons connu tant de débuts difficiles, nous avons tant espéré ne serait-ce qu’entrevoir un petit signe de sens, un petit signe de cette finalité tant attendue.

Cet événement s’est passé quelque jour avant la nouvelle année juive, Roch Hachana. La tradition exotérique pose Roch Hachana comme le jour du jugement. Qui dit jugement pense causalité. Mais du point de vue de la causalité nous pourrions alors retourner le jugement contre le juge des juges … Comment est ce possible ? Pourquoi ? La faute tomberait alors sur l’injustice de la justice divine… à moins de la replacer au placard de nos croyances utopiques.

Or, du visible de ce monde, la causalité est impensable. Une autre lecture de l’essence du rite place ce début de l’année comme le temps zéro de la création, un véritable recommencement du cycle où le temps n’a pas encore pris place.

Roch Hachana nous ramène alors au point zéro de la volonté divine et du principe même de la notion de création. Elle vient nous rappeler au « retour » sur nous-même, et ce, d’année en année, dans un recommencement permanent. Retour à soi, pour un bilan de sa propre personne, retour au bilan de la conscience humaine jusqu’au point de l’ultime volonté du projet de création, laissée à l’œuvre à l’humanité. Et, de recommencement en recommencement, nous nous rapprochons du principe de finalité. Comme il est dit : « la fin de l’œuvre est au début de la pensée ». Et ainsi, par « saut » de lâcher prise du moi vers un retour au « Soi » s’ouvre la Vision du Projet vers l’UN… ce retour vers le projet en devenir se construit en chaque instant présent en quête de l’UN…

Ce « futur meilleur » n’est un futur que dans la pensée humaine soumise aux conditions de la dualité temporaire. Ce futur est la réalisation en devenir, présente, ici et maintenant, en chaque instant… un futur déjà pensé dans le projet : « Souvenez-vous du futur » nous dit le caché et commencez à vivre avec la pensée intemporelle et non duelle.

Et puisque nous sommes dans le temps du recommencement, que les portes du  « retour » s’ouvrent, pour nous annoncer Guérison, Prospérité et Sérénité… Que cette année soit, pour nous tous, la concrétisation du « retour » (Téchouv’ha) ce retour au Hé divin (ne lis pas téchouva mais lachouv Hé) qui dans sa signification essentielle correspond à la véritable adhésion ( Dvékouth) à la présence invisible de D.ieu Un.

Sache toutefois que chaque passage mentionné dans les écritures, le « va pour toi » annoncé à Abraham, « va vers ton véritable moi », commence, comme il est écrit par « quitte ton pays, ton lieu natal »… où règnent les dédales de la contingence.

Alors que nous puissions réaliser la concrétisation du passage (Pessah, la Pâque de la sortie d’Égypte) qui dans sa signification essentielle correspond à la véritable libération de l’emprise du temps.

Et pour en revenir aux maux du moi, quittons un instant la tentative de mettre en mots l’impensable. Comme le prophète Elie, restons simplement à l’écoute du « murmure du silence« , pour vivre à travers ce temps de fragilité l’intemporalité du futur présent. Médite ces mots qui me viennent de l’intemporel et écoute la Voix qui te viendrait de ta propre source.

L’Unité n’est pas l’uniformité mais bien au contraire le lien qui fait de l’ensemble des manifestations divines une même œuvre que chacun peut découvrir en prenant un peu de recul pour observer la cohérence UNE d’un PLURIEL nécessaire à l’humain.

Que chacun vienne déposer son parfum sans pour autant rejeter celui de l’autre, pour former cette odeur agréable à D.ieu, le sacrifice de nos visions étroites.

La rencontre avec l’autre laisse peu de place au cloisonnement de la vérité.

Les religions tentent de se rencontrer en soulignant leurs convergences, laissant les différences au placard de crainte de réveiller d’anciennes divergences.

Ne faut-il pas, pour entendre la symphonie des milles et une musiques traditionnelles, pour « Ecouter » que « l ‘Eternel D.ieu, notre D.ieu est UN » voir également dans nos différences  l’œuvre de l’Unique et découvrir le son Un, harmonique de toutes nos notes de musique, ce mélange alchimique qui transforme tous nos plombs individuels en Or vers l’universel Un.

Certes, unir l’homme à son humanité nécessite un sacrifice identitaire, nous dit André Chouraqui dans son testament. Ce sacrifice jettera les bases d’une humanité tirée non plus des conflits mais des richesses de ses diversités.

Le rêve se teinte d’utopie mais c’est de l’intériorité même de ce rêve utopique que nous pouvons découvrir le D.ieu vivant, le D.ieu UN. Vivant de la richesse de nos différences et de nos controverses, boucliers de la cristallisation, d’une vérité qui se ferme sur elle même et qui exclut tout autre point de vue.

Les sages du Talmud devant la controverse disent, ceci et ceci sont des paroles du D.ieu vivant, vivant de par l’enrichissement de voir d’autres possibles, vivant parce que non fermé sur la cristallisation d’une vérité absolu…L’UN tout simplement qui renferme la totalité des possibles.. Osons nous défaire de nos illusions d’absolu, et gardons un subtil parfum d’incertitude que D.ieu déverse dans nos coupes pour nous inciter à agrandir nos champs de conscience

Le premier devoir étant d’exiger une ouverture à la pensée plurielle, d’accepter la diversité des singularités qui convergent vers un projet où le salut qui ne peut être qu’à la dimension de l’Universel, intègre par là-même toutes les autres diversités singulières qui ne s’érigent pas en idole, et le rêveur peut à nouveau rêver.

Elie

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